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05-Les tribulations de nos ancètres

Les tribulations de nos ancêtres

Quelques Forestois rue de la station

Forest fut longtemps un village à l'état rudimentaire. Contents sans doute de s'abriter derrière leurs bois entre les deux bras de la Marque, les habitants, nous dit une chronique:" Cultivaient en paix d'heureux champs "Ils ne se souciaient pas davantage de se transformer en gros village avec église paroissiale. 
Notre village n'était pas à cette époque relié à d'autres par des voies faciles de communications. Son isolement, sa vie retirée ont du le soustraire à bien des visites fâcheuses que les localités voisines ont payées si cher. Cependant il a eu sa part des tribulations de notre contrée   où n'a point pénétré l'infernal génie de la guerre.
Ainsi du temps de la bataille de Bouvines (1214), les troupes de Philippe Auguste surent bien se frayer un chemin pour troubler par leurs pillages et effrayer par leurs violences les habitants de ces paisibles marais, les hôtes de ces bois tranquilles.
Sous Philippe le Bel (fin du XIII. s.), les routes étaient sillonnées sans cesse par des armées amies ou ennemies. Ces armées quelqu'elles soient dans ce qu'elles appelaient "leurs courses", ravageaient
tout. Et à certains moments elles s'infiltraient de préférence dans les hameaux retirés parce qu'elles les savaient moins épuisés. Il devait en être de même dans les siècles suivants. 

Voici quelques détails.
Le mardi 2 décembre 1477 la garnison de Tournai ne se contenta pas de piller le village, mais emmena une vingtaine d'habitants prisonniers. Au mois d'avril de l'année suivante, quelques soldats payèrent cher leur folle équipée sur Forest Les paysans se réunirent en nombre et les soldats ne rapportèrent rien "sinon blessures ". Ils revinrent au mois de juin firent des prisonniers et enlevèrent" assez bétail ". (1)
A la faveur des troubles, des brigands ravageaient la région. Les rancunes personnelles avaient beau jeu à cette époque de continuelles alertes. 
Ainsi dans la nuit du 4 décembre 1479, ils s'adressèrent à un jeune homme de Forest: Simonet Camin qui était couché et le tuèrent dans son lit. Ajoutons que le principal auteur du crime un archer, du nom de Jean Lambert, fut livré à la justice et condamné " à être pendu étranglé tant que mort s'ensuive pour avoir meurtrièrement tué Simonet ".
A cette époque le gouverneur de Lille aidé des bourgeois et de troupes régulières purgea de ces brigands le territoire de nos villages. Mais ces troupes régulières recommencèrent pour leur compte les vols et les rapines qu'elles devaient réprimer tant et si bien qu'en 1489 au 25 du mois de juin parut une ordonnance qui défendit sous peine de mort ces incursions déplorables.
Citons en passant une anecdote de ces temps assez lointains. A ce qu'il parait l'esprit malin avait trouvé bon de hanter les bois et les marais de Forest. Les chroniques du pays relatent qu'il avait pour représentant une nommée Marie Margot
La malheureuse avait dit-on jeté un sort sur "un enfant un cheval et un poulain"
De ce chef elle fut exécutée comme on exécutait alors les sorciers. 
Plus historique est cet épisode de la bataille de Fontenoy qui mérite d'être signalé.
En 1744 les soldats ennemis devaient venir camper au milieu des bois. Pour opérer un mouvement de troupes ils avaient choisi la nuit. Si bien qu'à Forest les habitants surpris chez eux, se réveillèrent au son des trompettes. L'occupation devait durer 2 mois et demi.
En 1745 le village fut. de nouveau rempli de soldats anglais, hollandais et autres.
La victoire de Louis XV à Fontenoy débarrassa la contrée des ennemis mais pas de la misère. La relation de ces faits nous montre bien que nos ancêtres bien que vivant à l'écart et retiré dans leurs bois et leurs marais n'eurent pas toujours comme on pourrait le croire des jours calmes et paisibles. Le génie de la guerre fut de tous les temps et à toutes les époques.
Il a semé partout où il a passé même dans les endroits apparemment les plus calmes la souffrance et la misère.

Texte de "Connaissez-vous votre village" Abbé J. DELBENDE

1) Jean Nicolaï "Journal des guerres"